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Le projet four à pain : interview des intervenants

Mis à jour : 23 nov 2019

Les #associations Birmingh'Art (agriculturelle) et la Scierie (spectacle pour les publics isolés) ont combiné leurs forces vives pour proposer la fabrication en 2 semaines d'un #four à #pain mobile en matériaux de récupération par les salariés, avec une restitution. Une semaine de fabrication et une semaine d'apprentissage de recettes. Ce four pourra être utilisé lors des manifestations organisées par ou avec l’association en vente de de produits transformés les plus #locaux possibles.


Si vous avez des questions…


Nous (l'asso) avons interrogé les intervenants de ce projet Nikola Fuster – porteur du projet, régie & métiers de bouche et Eric Bevernage – animateur socio-culturel sur leurs motivations.


Quelle a été la genèse du projet ?

Nico : tout est parti d'une reprise de contact avec une vieille amie dont j'avais vu passer des photos de son asso sur facebook (Rebecca Brocardo, secrétaire de Birmingh’Art). Elle m'a proposé de venir en vacances en Guadeloupe, sauf que je n'ai pas pour habitude de faire du tourisme : j'ai besoin d'avoir un #projet à réaliser. Je suis régisseur de spectacles en France, ce qui me permet de concrétiser des idées par ailleurs et comme je travaille surtout l’été, j’avais du temps libre en avril. Les activités de l'association Birmingh’Art m'ont parlé : #agriculture et #culture c'est la transformation, en utilisant l'événementiel pour sensibiliser du public. Je trouve le projet cohérent et le public réceptif ; il m’a semblé intelligent de lancer l'idée de fabriquer un four à pain, mobile puisque l’asso n’a pas de lieu à elle. Mon amie a pris le projet à bras le corps pour permettre sa réalisation : budget, transport, hébergement, soutiens... Comme beaucoup d’autres, l'association n'a pas de trésorerie, elle a dû aller chercher l'argent et dès lors qu'elle l'a obtenu, on a su que l'affaire allait rouler.


On a alors peaufiné la faisabilité du projet avec Youyou, un ami boulanger du Lot qui avait réhabilité un four banal (ancien four du quartier remonté pour les habitants). Il faut savoir qu'avant et dans beaucoup de pays, tout le monde savait faire son pain. Tu amenais ta fournée au four pour la faire cuire. Malheureusement le jour de la réservation de son vol pour la Guadeloupe Youyou a eu un problème familial. J'ai donc pensé à un autre ami pour le remplacer, un artiste et animateur socio-culturel avec qui j’avais travaillé sur un festival à Mantes (Festival Contentpourien, musique et arts de rue).


Comment vous positionnez-vous dans ce projet ?

Nico : Je suis là pour apporter des compétences d'une façon très réactive et polymorphe, un peu comme une boîte à outils ; nous sommes arrivés avec un programme mais nous nous imprégnions de ce qui se passe autour pour voir comment nous adapter, en mode Augusto Boal (référence au théâtre de l'opprimé - des ateliers pour créer, dégager ses propres problématiques à travers l'art). Donc nous avons proposé de faire #ensemble, avec du #sens, quelle que soit la thématique. Notre projet peut aider l'association (en vendant du pain ?) mais on peut aussi l'envisager comme une appropriation d'un savoir qui pourrait déclencher d'autres choses derrière. D'ailleurs nous voyons ces synergies sur le terrain. Surtout en #insertion professionnelle et sociale – un terrain sensible – où on voit les perspectives se dessiner en direct. Il y a les mots, mais derrière il y a surtout les actes. Pour moi il suffit de regarder les choses différemment pour voir ce qu'il y a à #sublimer chez les uns et les autres. Avec de la bienveillance on se rend vite compte que les jeunes salariés ont des envies. À travers notre action, on espère déclencher des choses chez eux : au pire des réactions, au mieux des #vocations.





Comment un projet de four peut devenir un outil de re-mobilisation ?

Nico : Un four ça a une durée de vie et il est nécessaire de l'entretenir, ça c'est l'essence du projet. Je reviens sur le faire ensemble: on arrive à dégager des espaces de confiance, de discussion, de relecture et d'implication. La réponse c'est la réalisation, sans en attendre un but plus précis que de construire ce four et de le faire fonctionner. C'est une partie de la réponse. Face au manque de projection, au fatalisme, il faut créer un décalage dans le quotidien pour arriver à un moment clé comme on en a tous les jours. On n’a pas vraiment de solution, mais en tant qu'être humain, voilà ce que vous pouvez faire ensemble : vous aimer, vous percevoir un peu plus. Redonner confiance. C'est possible en arrivant avec beaucoup d'humilité... Cet atelier a provoqué beaucoup de curiosité et d'observation. Ces jeunes portent le poids de la société sur eux, ce sont des cibles marketing faciles ; alors qu’ils ont tout à découvrir.




Quelles réflexions vous faites-vous suite à cette expérience ?

Eric : penser par soi-même ce n'est pas penser par soi seul. Autrement dit ce n'est déjà pas facile d'imposer une idée qui va à l'encontre des autres, mais surtout c'est difficile d'accepter qu'on est soi-même dans l'erreur (selon Kant).


Nico: Krishnamurti dit qu'il vaut mieux faire faire (appropriation) que de montrer (organisation éducationnelle hiérarchique : le maître et l'élève). C'est pour ça que la hiérarchie ne peut pas fonctionner ici. Nous sommes des écorchés comme eux !







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